Lien intestins-cerveau

La digestion des aliments n’est pas la seule fonction de l’intestin. Il contient plus de 100 millions de neurones, produit 70 à 85% des cellules immunitaires de l’organisme et 95% de la sérotonine (hormone du bonheur), héberge plus de 100 000 milliards de bactéries, soit 10 à 20 fois le nombre de cellules de l’organisme. C’est dire l’importance de ce « monde microbiologique vivant » – ou microbiote – que nous abritons. Il est indispensable à notre santé.

L’équilibre de cet organe se révèle extrêmement fragile et instable. La flore colonise l’intestin est un écosystème dont le moindre changement va se répercuter aussi bien sur notre santé physique que sur notre santé psychique.

digestion

Rôle de l’intestin

Dans l’état idéal, les intestins sont colonisés par des bactéries et des champignons ou encore des levures qui s’autorégulent. C’est-à-dire qu’aucune espèce parmi ces micro-organismes ne peut prendre le dessus et sur-peupler les intestins, ce qui causerait au passage des symptômes physiques et psychiques divers et variés. Chez des personnes souffrant de certaines

20081203 ventre et coeur

maladies (il y a beaucoup de recherche sur la maladie cœliaque, sur la schizophrénie ou encore sur les autistes), des chercheurs ont découvert des anomalies à plusieurs niveaux, dont un phénomène appelé dysbiose intestinale.

Dysbiose intestinale ou hyperperméabilité intestinale : état où la paroi intestinale du sujet est endommagée, ce qui entraîne une malabsorption des nutriments. Cette faiblesse va souvent de pair avec une diminution du taux de bactéries bénéfiques au profit de micro-organismes pathogènes (dont le candida albicans, mais aussi d’autres populations). Des déchets alimentaires et bactériens pénètrent dans le circuit sanguin lorsque les liaisons cellulaires intestinales (les jonctions serrées) sont ouvertes, elles qui ferment théoriquement les espaces séparant les cellules de la muqueuse intestinale. Cette ouverture crée un passage qui ne garantit plus que se déroule correctement la régulation normale du mouvement des substances au travers des cellules intestinales. Lorsque l’intestin est ainsi poreux, le sang chargé d’éléments nutritifs en temps normal, est surchargé de composés pathogènes. En passant dans le foie, il va occasionner une surcharge de travail au foie.

Origine de la dysbiose : L’efficacité des défenses intestinales peut être mise à mal par tout agent stressant chronique, depuis
– Les régimes minceurs,
– Les émotions négatives,
– L’immunodepression (due à la maladie, la malnutrition, le stress, une opération chirurgicale),
– Une parasitose mal soigné,
– La fatigue chronique,
– Des infections,
– Les polluants de l’environnement,
– L’abus de certains médicaments (surtout les antibiotiques à large spectre, les antiacides et les anti-inflammatoires non stéroidiens),
– L’allaitement artificiel,
– une alimentation appauvrie en nutriments essentiels,
– Les produits chimiques,
– Les traumatismes physiques

La genèse de la flore intestinale
Les enfants naissent avec un système immunitaire immature. Le lait maternel et le colostrum aident au développement d’une flore intestinale équilibrée, qui permet au système immunitaire d’assurer son rôle. Si la flore ne se développe pas normalement chez le nourrisson, son système immunitaire va être défaillant, entraînant des infections, des maladies touchant la sphère ORL ou encore de la peau. (otites, bronchites, angines, impétigo, eczéma, asthme etc.) Si ces maladies sont soignées par des antibiotiques, la flore va être modifiée, parfois sous l’action d’antibiotiques de large spectre ; la bonne flore est même détruite, laissant la place à des micro-organismes pathogènes (levures et clostridiae).

Ces microbes pathogènes digèrent la nourriture à leur manière en produisant une palette de substances toxiques qui, absorbées par le circuit sanguin, traversent la barrière encéphalorachidienne. Le volume et le mix de toxines varient selon les sujets, produisant des symptômes neurologiques et psychologiques différents (troubles de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), la dyspraxie (extrême maladresse gestuelle), la dyslexie, certains troubles du comportement et de l’apprentissage, les allergies, l’asthme et l’eczéma…).

Sources
Taty Lauwers « Du gaz dans les neurones » Aladdin 2017
Dr Natasha Campbell-Mc Bride « Le syndrome entéropsychologique », Ed Nutrition holistique 2011